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Site internet d'avocat : ce qu'il doit contenir et ce qu'il coûte

Ce qu'un site internet d'avocat doit contenir selon le RIN et la LCEN, les cinq pages qui génèrent des demandes, son prix réel et les délais à prévoir.

Mis à jour August 1, 202612 minLena Tarhonska · Cofondatrice et CEO chez Vezert
Avocat associé consultant le site internet du cabinet sur un ordinateur portable en salle de réunion

Un site internet d'avocat est un document réglementé avant d'être un objet de communication. C'est une page de mentions obligatoires, un annuaire de qui traite quoi, et un formulaire de contact, et l'ordre de ces trois éléments détermine si le cabinet reçoit des appels ou seulement des visites.

La plupart des guides sur le sujet sont écrits par des agences et s'arrêtent aux photos professionnelles. Celui-ci commence par ce que la déontologie impose, parce que c'est la partie qu'on ne peut pas corriger après coup sans tout refaire, et il finit par les deux questions que pose réellement un associé lors du premier rendez-vous : combien ça coûte et en combien de temps.

Les règles citées s'appliquent aux cabinets français. Les cabinets qui exercent aussi en Belgique, au Luxembourg ou en Suisse trouveront la logique identique et les textes différents.

Qu'est-ce qu'un site internet d'avocat doit accomplir

Un site d'avocat remplit deux fonctions distinctes, servies par des pages différentes. La première est de rassurer une personne qui connaît déjà votre nom, parce qu'un confrère vous a recommandé ou qu'un client a transmis une carte. La seconde est d'être trouvé par une personne qui a un problème et aucun nom, qui cherche un domaine de droit et une ville. Un site conçu uniquement pour la première fonction reste une plaquette.

La fonction de réassurance se gagne sur les références : qui sont les avocats, quel barreau, quelles affaires, quels honoraires. La fonction de découverte se gagne sur la structure : une page par domaine d'intervention, rédigée dans les mots du client et non dans ceux du code. « Licenciement abusif » se cherche. « Droit social » se cherche beaucoup moins.

La distinction pèse directement sur le budget. Un site de cinq pages remplit bien la première fonction et pas du tout la seconde. Un site avec huit domaines d'intervention et douze fiches avocats approche les trente pages, et c'est exactement l'écart entre une page à 1 500 € et un projet à 4 500 €. Trancher cette question fait partie du cadrage, pas des arbitrages de fin de chantier.

Le test qui fixe le nombre de pages

Listez les domaines dans lesquels le cabinet veut de nouveaux dossiers, pas ceux qu'il sait techniquement traiter. Chacun de cette liste mérite sa propre page, avec son propre titre, sa propre explication et son propre point de contact. Le reste tient sur une page « autres domaines ». Les cabinets qui sautent ce test se retrouvent avec une longue page « nos compétences » qui ne se positionne sur rien et une refonte à financer dix-huit mois plus tard.

Comment structurer les cinq pages qui génèrent des demandes

Cinq types de pages produisent la quasi-totalité des demandes reçues par un site d'avocat, et ce sont rarement celles qui reçoivent le plus d'attention en conception. La page d'accueil n'en fait pas partie : un visiteur venu d'une recherche sur un problème juridique atterrit directement sur la page qui traite ce problème. Concevoir l'accueil en premier et les pages métier en dernier reste l'erreur d'ordonnancement la plus fréquente.

Les cinq sont : la page domaine d'intervention, la fiche avocat, la page honoraires, la page contact et la page résultats ou dossiers marquants. Chacune répond à une question posée avant de décrocher le téléphone, et chacune se mesure séparément.

  • Page domaine d'intervention. Le problème, ce que le cabinet fait, ce qui se passe en premier, qui traite. Une page par domaine visé.
  • Fiche avocat. Diplômes, barreau d'inscription, langues, type de dossiers traités. Une photo du véritable avocat, pas une banque d'images.
  • Honoraires. Taux horaire, forfaits, convention d'honoraires, coût du premier rendez-vous. C'est la page que les cabinets suppriment et que les clients cherchent en premier.
  • Contact. Adresse du cabinet, un numéro auquel on répond, un formulaire qui annonce un délai de réponse.
  • Résultats. Dossiers anonymisés qui montrent que le cabinet traite des affaires de cette taille, avec les précautions de rédaction qui s'imposent.

Les cabinets qui publient ces cinq pages et les tiennent à jour reçoivent des demandes où le domaine est déjà identifié, ce qui raccourcit l'appel de qualification et améliore le taux de transformation en dossier.

Avocat associé examinant la maquette d'une page domaine d'intervention sur une tablette
Ce sont les pages domaine d'intervention, pas la page d'accueil, qui reçoivent les visiteurs venus de la recherche

Comment respecter le RIN et les mentions légales obligatoires

Le site d'un avocat relève de la publicité professionnelle, ce qui le soumet à des règles qui ne s'appliquent pas à un site d'entreprise ordinaire. Deux corps de règles se superposent : la déontologie de la profession et le droit commun du commerce électronique. Ignorer le second est courant, ignorer le premier expose à une procédure disciplinaire.

Selon le Conseil national des barreaux, la publicité et la sollicitation personnalisée sont encadrées par l'article 10 du Règlement intérieur national, complété par le décret du 12 juillet 2005 modifié par le décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014 qui a ouvert la sollicitation personnalisée sous conditions. L'information diffusée doit être loyale, honnête et véridique, exempte de comparaison dénigrante et respectueuse de la dignité de la profession.

S'y ajoutent les mentions légales imposées par la LCEN à tout site professionnel : dénomination et forme juridique de la structure d'exercice, adresse, coordonnées, numéro SIREN, numéro de TVA intracommunautaire le cas échéant, identité de l'hébergeur. Pour un avocat, il faut encore le barreau d'inscription, le titre professionnel et l'État qui l'a délivré, l'assurance de responsabilité civile professionnelle, et les coordonnées du médiateur de la consommation de la profession pour les clients particuliers.

Enfin le volet données : un formulaire qui invite un visiteur à décrire son problème collecte des données sensibles au sens du RGPD dans un grand nombre de cas. La CNIL attend une base légale, une durée de conservation et une information spécifique à ce formulaire, pas une politique de confidentialité générique.

MentionTexte applicableCe qui manque le plus souvent
Barreau d'inscription et titreRIN art. 10 ; décret du 12 juillet 2005Le barreau n'apparaît que dans la biographie, pas dans les mentions légales
Dénomination, SIREN, TVA, hébergeurLCEN art. 6-IIILe nom et l'adresse de l'hébergeur
Assurance RCPRéglementation professionnelleAbsente ou limitée au nom de l'assureur sans numéro de police
Médiateur de la consommationCode de la consommationAbsente sur la quasi-totalité des sites de cabinets
Information RGPD du formulaireRGPD ; recommandations CNILUne politique générique au lieu d'une information propre au formulaire
AccessibilitéRéférentiels WCAGContrastes et navigation clavier non testés

Comment publier des résultats sans violer le secret professionnel

Les résultats obtenus sont le contenu le plus convaincant qu'un cabinet puisse publier et le plus facile à rater. La règle qui s'applique n'est pas d'abord une règle de communication : c'est le secret professionnel, qui survit à la fin du mandat et que le cabinet ne peut pas lever seul. La conséquence pratique est qu'une page résultats se rédige à partir de faits anonymisés, jamais à partir du dossier.

Un format qui tient retire l'identité du client, celle de la partie adverse, et tout détail qui permettrait de les identifier par recoupement. Il reste le type d'affaire, la juridiction, l'ordre de grandeur, la question qui a emporté la décision et l'issue. « Défense d'un industriel dans un litige contractuel de 2,4 M€ ; demande rejetée en première instance » transmet le signal sans transmettre l'identité.

Deux précautions s'ajoutent. Le consentement écrit du client dès qu'un élément permet de l'identifier, conservé au dossier. Et une formulation qui n'induit aucune promesse de résultat : l'exigence d'une information véridique et non trompeuse interdit tout ce qui laisserait croire qu'une issue est acquise.

Les témoignages clients suivent la même logique. Ils sont admis dès lors qu'ils sont authentiques, non trompeurs et sans promesse de résultat, mais un témoignage nommant un client révèle la relation et exige le même consentement écrit.

Les trois phrases qui posent le plus de problèmes

« Le meilleur cabinet de la région » est une affirmation comparative invérifiable, contraire à l'exigence de loyauté. « Spécialistes en droit fiscal » suppose une mention de spécialisation délivrée par le CNB, à défaut de quoi le terme est trompeur. « Résultat garanti » associe une promesse à une prestation dont l'issue ne dépend pas du cabinet. Ces trois formules sont presque toujours écrites par un rédacteur web et jamais relues par un avocat avant la mise en ligne.

Comment rédiger une page avocat qui déclenche des appels

Les fiches avocats font partie des pages les plus consultées d'un site de cabinet, parce qu'un client recommandé cherche le nom de la personne et non celui de la structure. Ce trafic arrive avec une intention forte et se perd régulièrement sur une page qui liste une université, une année de prestation de serment et rien sur quoi le visiteur puisse agir. La page doit répondre à une autre question : est-ce la bonne personne pour mon problème ?

Ce qui fonctionne est concret : le type et l'ordre de grandeur des dossiers traités, le barreau, les langues de travail, les juridictions devant lesquelles l'avocat plaide, et un moyen de le joindre directement. Les publications et les colloques viennent plus bas ; ils comptent pour les confrères prescripteurs, pas pour un premier client.

Deux détails techniques changent la mesure. Une vraie photographie de l'avocat, prise dans la même séance que les autres pour que l'équipe ressemble à une équipe. Et un balisage en données structurées de la personne, de sa fonction et du cabinet, qui est la manière dont les moteurs et les assistants d'IA rattachent une compétence à un nom.

Tenez ces pages à jour. Une fiche présentant un avocat parti depuis deux ans n'est pas une page obsolète, c'est une information trompeuse sur qui est en mesure d'intervenir.

Pourquoi une page par domaine de droit et par ville

La recherche juridique est locale presque partout. Une personne en conflit avec son employeur cherche le problème et sa ville, et Google répond par un bloc local et des résultats naturels fortement orientés vers les pages qui combinent le domaine et le lieu. Une page unique couvrant tous les domaines ne peut pas correspondre à ce schéma, ce qui fait de la structure page par domaine une décision de référencement et non une préférence éditoriale.

La structure qui fonctionne est une page par domaine d'intervention, rédigée autour de la formulation du client, avec la ville du cabinet nommée naturellement dans le texte et dans les données structurées. Un cabinet disposant de vrais bureaux dans plusieurs villes peut descendre d'un niveau et créer une page par domaine et par bureau, mais uniquement là où un bureau existe réellement.

Trois éléments techniques soutiennent cette structure. Une fiche d'établissement Google vérifiée par bureau, avec nom, adresse et téléphone strictement cohérents. Des données structurées LocalBusiness sur les pages contact et bureaux. Et un maillage interne où chaque page domaine renvoie vers les avocats qui traitent ces dossiers et vers le niveau de site vitrine dont le cabinet a besoin.

L'accessibilité relève du même chantier technique. Les services juridiques sont précisément la catégorie où un site inaccessible exclut les personnes qui en ont le plus besoin, et le niveau AA des WCAG 2.1 est la référence attendue par la commande publique européenne et par un nombre croissant de clients institutionnels.

Personne cherchant un avocat sur son téléphone avec une carte de résultats locaux
Domaine de droit plus ville : c'est ainsi que se fait la recherche, et une page unique ne peut pas y répondre

Comment organiser la prise de contact et la vérification des conflits

Une demande venue du site d'un cabinet vaut plus qu'une demande venue de presque n'importe quel autre site professionnel, et elle est traitée moins bien. Le formulaire collecte un nom et un message, l'envoie sur une boîte partagée, et quelqu'un répond quand il peut. Pendant ce temps la même personne a rempli trois autres formulaires, et le dossier part chez celui qui a rappelé en premier.

Le circuit qui fonctionne comporte quatre éléments. Un formulaire qui demande le domaine et une description courte, ce qui oriente la demande vers la bonne personne sans appel de tri. Un accusé de réception automatique qui annonce un délai et le respecte. Une vérification de conflit d'intérêts avant toute discussion sur le fond. Et un responsable nommé pour la boîte, avec un suppléant, pour que rien n'attende un retour de congés.

Sous cet ensemble se trouve la couche protection des données évoquée plus haut : base légale, durée de conservation, information dédiée. Conserver indéfiniment les demandes dans une boîte partagée est l'état par défaut de la plupart des cabinets et celui qui résiste le moins bien à un contrôle.

Mesurez deux chiffres : la part de demandes traitées dans le délai annoncé et la part qui devient un premier rendez-vous. Les deux se corrigent, et aucun n'est visible sans suivi délibéré.

Combien coûte un site internet d'avocat

Le prix est la question à laquelle les résultats de recherche refusent de répondre, ce qui explique qu'elle figure dans les questions associées de Google sur ce sujet. La réponse honnête est une fourchette accompagnée de ses variables, parce qu'un cabinet de deux associés et une structure de vingt avocats sur trois sites n'achètent pas la même chose même si les deux parlent d'un site internet.

Sur nos tarifs publiés, une page unique démarre à 1 500 € et un site de dix à trente pages à 4 500 €. Un cabinet indépendant avec six à huit domaines d'intervention et huit à douze fiches avocats se situe dans cette seconde tranche. Une structure multi-bureaux avec deux langues, une base documentaire et un espace client dépasse 12 000 €, parce que l'espace client transforme un site de contenu en application avec ses propres exigences de sécurité et de recette.

Quatre facteurs pèsent plus que le nombre de pages. Le nombre de gabarits produits, une page domaine, une fiche avocat et un article étant trois gabarits distincts. Qui rédige le contenu, cause première des retards dans un cabinet. L'organisation d'une séance photo de l'équipe réelle. Et le fait que les mentions obligatoires, les grilles d'honoraires et les précautions de rédaction soient produites par le cabinet ou cadrées par le prestataire. Les montants indiqués s'entendent hors taxes ; la TVA à 20 % s'ajoute.

Prévoyez séparément l'année qui suit. L'hébergement, les mises à jour, les correctifs de sécurité et les modifications de contenu représentent généralement 15 % à 20 % du coût de construction par an. Un cabinet qui considère la mise en ligne comme la fin de la dépense se retrouve deux ans plus tard avec un site non mis à jour et des fiches périmées.

Profil de cabinetNombre de pagesBudget indicatifCe qui fait varier
Avocat individuel ou deux associés5 à 8 pages1 500 € – 2 500 €Un ou deux domaines, pas d'espace client, photos existantes
Cabinet indépendant, un bureau20 à 35 pages4 500 € – 7 000 €Six à huit domaines, dix fiches avocats, grille d'honoraires, trois gabarits
Structure multi-bureaux ou bilingue50 pages et plusà partir de 12 000 €Deux langues, base documentaire, espace client, pages locales par bureau
Coût annuel de fonctionnement15 à 20 % du buildHébergement, correctifs, mise à jour des fiches, nouveaux domaines

Quel délai prévoir et ce que le cabinet doit fournir

Un site de cabinet de vingt à trente pages demande huit à douze semaines entre le lancement et la mise en ligne quand le cabinet fournit ce qui lui incombe dans les temps, et quatre à six mois quand ce n'est pas le cas. La contrainte est rarement technique. Elle est éditoriale : les descriptions de domaines et les informations d'honoraires doivent être validées par les avocats qui en répondront, et une validation d'avocat se fait lentement et en série.

La liste côté cabinet est courte mais non négociable : un décideur nommé disposant du pouvoir de valider, la liste des domaines arrêtée avant le début de la conception, les éléments de fiche fournis par chaque avocat, les informations d'honoraires, et une demi-journée de photographie avec l'équipe au complet. Chacun de ces points a déjà bloqué un projet que nous avons vu.

La liste côté prestataire est l'arborescence, les gabarits, la réalisation technique, les données structurées, l'accessibilité et le placement des mentions obligatoires. Un prestataire qui n'a pas demandé de quel barreau relève le cabinet au deuxième rendez-vous livrera un site nécessitant une relecture déontologique jamais prévue au devis.

Programmez la mise en ligne sur un mois calme. Migrer un site déjà positionné implique des redirections depuis chaque ancienne adresse, et la semaine précédant une audience n'est pas celle où découvrir une erreur dans ce plan.

Un site de cabinet avec la déontologie intégrée au cadrage ?

Nous chiffrons les sites d'avocats avec les pages domaines, les fiches et les mentions obligatoires nommées au devis, et le prix publié avant l'appel.

Voir nos tarifs

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